Au-delà de l’expression du rejet de la politique menée par François Hollande, ce scrutin est une confirmation de l’implantation territoriale de l’UDI et le retour des centristes sur la scène politique.

 Rarement des élections municipales auront été autant nationales.

 Désaveu, sanction, punition : aucun mot n’est finalement assez fort pour traduire le rejet de la politique menée par François Hollande que les Français ont exprimé ce dimanche.  Pour François Hollande il est temps de tirer les enseignements, de l’échec complet de sa politique depuis deux ans :

–          Tout d’abord pour lui même : il est temps que le président de la République devienne chef de l’Etat en faisant preuve d’autorité afin d’éviter la cacophonie gouvernementale permanente.

–          Il ne doit pas être ensuite seulement l’opérateur de sa boite à outils, mais fixer un cap aux Français, en faisant preuve de pédagogie sur le monde nouveau dans lequel la France est rentrée. La France ne vit pas seulement une crise, mais un changement de monde, ce qui nous impose de changer de logiciel et de ne pas nous perdre dans la nostalgie des temps passés.

–          Enfin, il appartient à François Hollande de mener une politique déterminée, en faisant de la réduction de la dépense publique, de la création de richesse, de l’investissement dans l’entreprise, la priorité absolue de son action afin que l’économie française retrouve sa prospérité.

 Il est temps de ne plus tergiverser, ni de faire – comme François Hollande l’a trop fait pendant deux ans- un pas en avant et trois pas en arrière.

 Second enseignement de ce scrutin : l’UDI a réussi à confirmer son implantation territoriale, en conservant de très nombreuses villes comme par exemple Agen, Annecy, Arras, Bar-le-Duc, Bayeux, Bourges, Châtellerault, Drancy, Montélimar, Montereau-Fault-Yonne, Nancy, Parthenay, Vanves, Vincennes,…

 Et surtout en gagnant à la gauche de très nombreuses communes, soit dès le premier tour avec par exemple François Werner à  Villers les Nancy ou encore de Jérôme Baloge à Niort – qui a fait basculer la ville au centre droit après 60 ans de socialisme -, et surtout au second tour avec par exemple Ambérieu, Amiens, Bayonne, Bobigny, Cergy-Pontoise, Laval, Louviers, Maubeuge, Nouméa, Saint-Omer, Vendôme, Viry-Châtillon,… Tous les parlementaires UDI ont été élus ou réélus haut la main dans leurs communes.

Par ailleurs, le rapprochement de l’UDI et du Modem a favorisé l’élection de François Bayrou à Pau. Je suis heureux de sa victoire.

Le centre est redevenu la troisième force politique de notre pays en nombre d’élus. C’est une des leçons indiscutables de ces élections municipales. Ne confondons pas les réalités médiatiques et les réalités électorales.

Dans toutes les villes, l’UDI a été un partenaire incontournable de l’UMP pour permettre la reconquête des villes, s’appuyant sur un socle électoral représentant entre 15% et 20% des suffrages au premier tour. L’opposition ne se résume plus à la seule UMP. Il faudra compter maintenant avec l’UDI.

 Enfin la progression du Front National depuis 2007 nous impose un devoir de lucidité et de responsabilité. Lucidité dans le fait que nous sommes coresponsables de sa montée – droite et gauche – . 

Nous avons passé notre temps à dénoncer les erreurs des socialistes pendant nos campagnes électorales, mais une fois gagnées les élections, nous n’avons pas su prendre les problèmes à bras le corps et affronter franchement les obstacles. Sachons-le pour ne pas rééditer ces erreurs le moment venu.

Sans l’UDI et sans les centristes, le ciel politique serait davantage bleu marine que bleu ciel. La meilleure réponse à l’extrémisme c’est le centre, aujourd’hui dans les villes et les intercommunalités, demain pour le scrutin européen. Les centristes sont là pour montrer aux Français que c’est en rassemblant et non en excluant que la France retrouvera son rang et qu’une alternative à l’UMP et au PS est en train de se construire. 

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