Contrairement à Jean-Louis Borloo, le président du Nouveau Centre Hervé Morin ne votera pas en faveur du pacte de responsabilité. En charge des questions économiques à l’UDI, il prône le retour aux 39 heures. 

L’Usine Nouvelle –  Êtes-vous prêt, comme Jean-Louis Borloo, à voter le pacte de responsabilité de François Hollande ?

Hervé Morin : Jean-Louis Borloo a dit qu’il voterait pour le pacte de responsabilité sous certaines conditions. Sont-elles réunies ? Personnellement, je ne voterai pas le pacte de responsabilité, parce que je pense qu’il ne va rien se passer. Malheureusement pour François Hollande, il n’est plus en situation politique de mener une quelconque transformation. Il va faire de la communication, toucher aux choses à la marge alors que le pays est en situation d’urgence. La vraie politique de l’offre, ce n’est pas cela. On n’en est plus à se poser la question de savoir si on va mettre 10 milliards d’euros de plus sur des baisses de charge. Il faut Valmy. Le vrai problème c’est que les Français sont épuisés de ce sentiment diffus de faire des efforts depuis des années sans qu’il n’y ait aucun résultat.

 

Pour vous, que faudrait-il faire ?

Il faut décider collectivement de faire un vrai choc de compétitivité en passant à 39 heures de travail par semaine au lieu de 35 – en privilégiant bien entendu les accords au sein des entreprises – et réduire les cotisations salariales sur la famille de façon à rendre environ 1000 euros par an de pouvoir d’achat  aux Français. C’est grosso modo ce qu’a fait Renault avec ses ouvriers à Flins ou à Sandouville. Cela nous permettra de revenir à un coût du travail comparable aux autres pays de la zone euro. Mais aussi de supprimer les 12 milliards d’euros d’allégements de charges accordés par l’Etat aux entreprises pour financer les 35 heures et réaliser 5 à 6 milliards d’euros d’économie en réduisant les remplacements de fonctionnaires partant à la retraite. Au total, il nous faut un choc de compétitivité de 50 à 60 milliards d’euros net.acte de

Pierre Gattaz refuse de négocier des contreparties. Comprenez-vous le patronat?

Je trouve que c’était malvenu de le faire aux Etats-Unis. Il était l’invité du président de la République, il avait mille fois l’occasion de le faire ici. Sur le fond, je pense qu’il n’y a pas contrepartie à avoir. Mais la contrepartie est un faux débat. C’est un système soviétique. Ce dont on a besoin c’est d’entreprises qui investissent, qui créent de la valeur et de l’emploi. Si on fait de l’administration à nouveau, on est sûr d’échouer. Il faut mettre l’économie en mouvement et l’économie d’elle-même va créer de l’emploi.

Vous avancez dans votre programme 80 milliards d’euros d’économies budgétaires. Comment les réalisez-vous ?

Tout est chiffré. J’ai été le ministre de la Défense qui a fait 1,6 milliard d’euros d’économie de fonctionnement, ce qui représentait 10 à 15 % de réduction du budget de fonctionnement. C’était difficile mais faisable. Les gens ne retiennent que les fermetures de régiments mais l’essentiel de nos économies vient de la mutualisation, la fin de la duplication des systèmes intermédiaires, l’externalisation et la professionnalisation des achats.

Propos recueillis par Solène Davesne.

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