Depuis quelques jours, l’entreprise Albany située à St Junien est au centre de toutes les polémiques avec 133 salariés pris en otage par une direction sans scrupules. Du jour au lendemain, la direction décide un redéploiement en Alsace au motif d’une concentration des capacités de production et empêche le personnel d’accéder aux machines, au mépris du droit du travail français. Cette entreprise est détenue à 50% par des fonds de pension américains et a bénéficié d’1,5 millions d’euros de la Communauté de Communes de St Junien en 2004.

Incontestablement les dirigeants de cette entreprise largement bénéficiaire se comportent comme des voyous et il est de notre devoir de dénoncer ces agissements.

Cependant, cette affaire fait l’objet aujourd’hui de tentatives de récupération politique de tous bords qui ne sont pas dignes. Défilé de stars de la politique nationale, annonces et contre annonces, vérités et contre vérités… Les ALBANY méritent mieux, même en période électorale.

A vous de juger!

Question de Daniel BOISSERIE au gouvernement 

Monsieur le ministre,

La série noire continue. Aujourd’hui, c’est Albany, à Saint-Junien, en Haute-Vienne : 4,6 millions d’euros de bénéfices annuels et des carnets de commande remplis – de quoi faire rêver bien des entreprises familiales. Mais pour les fonds de pension étrangers, ce n’est pas suffisant. Alors, sans concertation et sans aucun respect des lois sociales, les machines sont cadenassées, 133 salariés sont menacés, méprisés, abandonnés.

Comme le maire de Saint-Junien, j’ai alerté à plusieurs reprises la direction d’Albany : pas de réponse. Nous avons saisi le Président de la République : toujours pas de réponse.

Malgré vos affirmations de la semaine dernière, monsieur le ministre, le travail n’a toujours pas repris. Pouvez-vous admettre qu’une société qui a bénéficié des aides de la communauté de communes et de l’État, et qui dégage de gros bénéfices, puisse abandonner le site et ses salariés pour aller s’installer ailleurs, alors qu’elle a coûté 70 000 heures de chômage technique à l’État ? C’est une honte. Pourquoi n’agissez-vous pas plus vite et plus fort ? Et pourquoi avez-vous enterré la proposition de loi de François Hollande, qui permettait de stopper la désindustrialisation de la France et d’éviter de nombreux drames, comme celui de Saint-Junien ? Eh oui, chers collègues de la majorité, c’est la vérité.

Monsieur le ministre, vous avez souhaité organiser une table ronde à Limoges, avec le président du groupe. Sera-t-il présent ? Et vous, serez-vous présent ?

Enfin, monsieur le ministre, quelles mesures entendez-vous prendre pour vous opposer à ce type de capitalisme odieux qui ravage notre industrie au mépris des salariés et de l’État ? Je vous le demande au nom des salariés, des élus de la communauté de communes et de tous les habitants du bassin de Saint-Junien.

Réponse de Xavier Bertrand ministre du travail, de l’emploi et de la santé.

Sur ce dossier, monsieur le député, même M. Montebourg a été mesuré, car il sait exactement ce qui a été fait. Dès le jour où la direction du groupe Albany a signifié, par mail, qu’elle fermait le site, sans aucune autre procédure, l’inspecteur du travail a rédigé un procès-verbal qui a été transmis au tribunal de grande instance.

Dès le lendemain, j’ai appelé, en Suisse, le président d’Albany, M. Halftermeyer, pour lui dire que la France était un État de droit, qu’il convenait d’y suivre certaines méthodes et certaines procédures, et que, surtout, il fallait y respecter les salariés.

D’autre part, nous avons aussitôt engagé les processus pour la réouverture du site, ce que même les socialistes qui se sont rendus sur place ont confirmé.

En outre, j’ai obtenu de ce président qu’il vienne lui-même à la table ronde organisée en préfecture. Il souhaitait au départ qu’elle se déroule à Sélestat. Mais, les projets concernant l’usine de Saint-Junien, c’est dans le département de la Haute-Vienne qu’il faut s’expliquer. Et c’est là que la table ronde aura lieu cette semaine. Alors, n’allez pas dire que nous n’avons rien fait sur ce sujet, car s’il y en a qui agissent, c’est bien nous. On peut écrire, on peut manifester, mais pendant ce temps il y en a qui obtiennent de premières avancées.

Nous sommes mobilisés sur ce dossier et je serai moi-même représenté jeudi en Haute-Vienne par un membre de mon cabinet qui suit toutes les restructurations.

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