Le président de la République Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel se sont de nouveau rencontrés à Paris ce midi pour se mettre d’accord sur des mesures pour sauver l’Euro et l’Europe.

Cette réunion, pas plus que celles qui l’ont précédée, n’a débouché sur aucune annonce précise ouvrant la voie sur des réformes de fond, et notamment concernant  l’évolution, pourtant plus que jamais  indispensable, de la banque centrale européenne. Les seules mesures annoncées à l’issue de cette rencontre concernent l’instauration de la règle d’or et la mise en place de sanctions pour les pays ne respectant  pas leurs engagements,  mesures qui avaient déjà été largement dévoilées il y a plusieurs semaines.

Combien de rencontres au sommet va-t-il falloir mettre en scène pour que le couple franco-allemand se décide enfin à mettre en œuvre des propositions concrètes qui permettent de construire un avenir européen à la hauteur des enjeux actuels ?

L’Europe n’a pas besoin d’une union de façade qui ne sert qu’à orchestrer une nouvelle photo destinée à faire la une des journaux. L’Europe a besoin d’un véritable engagement sur  des réformes  de  fond, et  notamment la mise en  place  d’institutions  européennes nouvelles.

Pour cela, il est indispensable :

  • de mettre  en place une convention de la zone euro,  composée de parlementaires européens et nationaux, et de représentants des Gouvernements  des Etas membres  de la zone euro, qui travaille dès aujourd’hui sur la rédaction d’un nouveau traité   fédéral de la zone euro.
  • de doter  l’Union  européenne  d’une  présidence  unique, avec la nomination  d’un Président de l’Europe, issue de la fusion des fonctions de président du Conseil européen et de président de la Commission.  Il ne s’agit pas d’une fusion des institutions – Le Conseil européen et la Commission continuent d’exister séparément –  mais de leur présidence qui devient commune.  Ce  nouveau  président  de  l’Union  dirigera  ainsi  à  la  fois  le  Conseil européen et  la  Commission  qui  deviendra  ainsi  de  facto  le  véritable  Gouvernement démocratique de l’Union, responsable devant le Parlement européen au même titre que les Gouvernements nationaux devant les parlements nationaux.
  • d’élaborer  de  réelles  politiques  fédérales  impliquant  de  nouveaux  transferts de souveraineté  dans  des domaines  dans lesquels nous n’avons en réalité  trop souvent que l’illusion de la souveraineté.
  • d’expliquer aux opinions publiques, trop souvent tentées  de rejeter sur Bruxelles la responsabilité des problèmes actuels, que seule une Europe forte permettra  aux peuples de l’Union d’avoir la puissance nécessaire pour que l’Europe tienne toute sa place au sein d’un système mondial global.

 

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