Devant le nouveau coup de tonnerre provoqué par la décision du gouvernement grec de soumettre son plan de sauvetage de la semaine dernière à référendum, le Nouveau Centre appelle les dirigeants politiques européens de premier plan et les grandes formations politiques démocratiques à un ultime sursaut.

Ça n’est pas la décision d’un référendum populaire qui est en soit critiquable, c’est la tricherie du gouvernement d’Athènes totalement discrédité dans l’opinion, qui se devait d’avertir les participants au sommet des 17 de la zone euro jeudi 27 octobre, de son intention de consulter la population grecque. 

Mais si les risques d’explosion monétaire dépassent désormais le seul cadre européen pour atteindre les rives des Etats-Unis et de l’Asie, c’est bien en Europe que se situe l’épicentre de cette crise sans précédent depuis les ruines de la deuxième guerre mondiale.

Il y a 2 ans l’Irlande, puis l’Espagne et le Portugal, puis la Grèce, puis la suspicion sur l’Italie, puis les regards obliques des agences de notation sur la France posent trois questions drastiques qui laissent bien loin derrière nous la seule question de l’insolvabilité grecque :

  • d’abord les Etats européens du sud et certains d’Europe central peuvent-ils continuer à parler de réduction de l’endettement, alors que certains d’entre eux ne réduisent qu’à la marge leur insupportable train de vie ?
  • les Etats européens qui compriment drastiquement leurs dépenses pourront-ils tenir économiquement ce périlleux déséquilibre sans croissance et sans investissement de relance?
  • et enfin, la plupart des Etats européens (à l’exception provisoire de l’Allemagne) pourront-ils supporter longtemps les coups de canon que leur envoie la spéculation financière mondiale, si cette spéculation n’est pas cassée brutalement par une décision politique historique.

Si l’Europe a une monnaie, alors elle doit avoir une fois pour toute un Gouvernement fédéral de cette monnaie, c’est à dire de son économie, de ses finances, et se doter d’un budget fédéral qui devrait pouvoir représenter jusqu’à 1/5e du budget général de la zone euro. C’est une décision courageuse à prendre, mais elle engage les prochains mois de façon bien plus déterminante que toutes les élections possibles.

Les dirigeants européens, qu’ils l’admettent ou non, sont face aux grondements de l’histoire, et les tergiversations de leurs lointains ainés des années 1930 devraient nous dispenser de tous les faux-semblants. 

Parmi ceux-ci, la question allemande. Aucun démocrate européen ne peut ignorer les causes de l’actuel refus allemand qui n’envisage pas encore de concéder une partie importante de la conduite de son économie et de sa politique budgétaire par délégation à Bruxelles. La hantise allemande de l’inflation et de l’irresponsabilité financière lui a couté cher au XXe siècle.

Pour autant, le moment est venu de lui faire comprendre que l’Allemagne ne peut pas avoir de destin solitaire en Europe et encore moins dans la mondialisation. Elle sait que ses cycles de prospérité économique de l’après deuxième guerre mondiale, ont été régulièrement interrompus par des crises profondes dont la dernière date des années 2000. Il faut accepter les garde-fous et les contrôles drastiques que l’Allemagne réclame en contrepartie de son accord pour une souveraineté économique budgétaire et financière fédérale.

De la même manière enfin les grandes formations politiques au pouvoir ou dans l’opposition à l’intérieur de la zone euro, doivent trouver un consensus sur la maîtrise des dépenses publiques, la relance de la croissance et le soutien à des investissements productifs par delà même les échéances électorales. C’est maintenant que la construction européenne franchira l’obstacle ou s’effondrera.

Publicités